Les clients perdus : ont-ils sautés seuls ou vous les avez-vous poussés ?

Les clients perdus : ont-ils sautés seuls ou vous les avez-vous poussés ?
Au-delà des enquêtes de satisfaction réalisées auprès des clients « actifs« , une autre source d’enrichissement vient des enquêtes réalisées auprès des clients « perdus« .
Ce type d’enquête, plutôt qualitative, repose sur des entretiens semi-directifs où la liberté d’expression du client doit être préservée.
On peut ainsi comprendre le cheminement de la décision, l’historique de la relation et les motivations dans l’abandon de l’ancien fournisseur et le choix du nouveau.

Les commerciaux se trompent sur les motivations de départ de leurs clients !

Il peut être intéressant de recueillir au préalable l’opinion des commerciaux :

  • Ceux-ci surestiment toujours le prix comme motivation de départ.
  • L’écoute client fait, elle, clairement apparaître l’absence d’écoute et de réactivité du fournisseur comme motivation principale de rupture.
Une de nos études avait montré aux dirigeants ébahis que le premier client de l’entreprise (B to B) était parti exaspéré par l’absence de considération qu’on lui portait.
Une analyse interne avait ensuite révélée que que les commerciaux percevaient bien tous les clients perdus comme « à problème » et craignaient la reprise de contact.
On arrive également à faire la part entre deux grands types de clients perdus :
  • les « poussés », qui à la suite d’une mauvaise expérience sont allés chercher ailleurs une solution de rechange
  • les « sauteurs «  attirés par une offre concurrentielle.

Vos clients perdus ont-ils sauté ou les avez-vous poussés ?

Roger Sant : vice-président de Marketing Facts New York a publié une étude approfondie sur ce sujet.

Toutes les entreprises doivent faire face à la fuite de leurs clients et à la perte de chiffre d’affaires qui en découle.

Seules quelques-unes ont mis en place des stratégies pour réduire cette perte
au strict minimum et des collectes d’informations sur la perte de leurs clients
pour les aider à en estimer les tendances et les enjeux.

Peu de compagnies, cependant, ont une réelle compréhension approfondie des
raisons de départ de leurs clients perdus.

 

Certains clients partent non pas en raison d’une mauvaise expérience
ou d’un mécontentement, mais parce qu’ils ont rencontré une offre plus
attractive,
(moins chère ou au même prix) qui répondait mieux à leurs besoins.
Ces clients n’étaient pas particulièrement à la recherche
d’un autre fournisseur, ils ont simplement été happés par une société qui avait
une proposition plus adaptée, en termes de produits, de services, ou de prix.
À l’opposé, nous avons des clients insatisfaits à la suite
d’une mauvaise expérience qui iront activement rechercher des solutions de
rechange qu’ils n’avaient pas envisagées avant.
  • Les clients mécontents à la recherche d’une alternative sont
    « poussés » par l’entreprise fournisseur.
  • Les clients satisfaits qui ont simplement rencontré une
    meilleure alternative sont ceux qui ont « sautés« .
Il existe une troisième catégorie, les « battus »,
composée de clients qui n’ont pas encore pensé au changement bien qu’ils soient
insatisfaits.
Il est probable que ces clients « battus » seront les futurs « sauteurs » ou les
prochains à être « poussés ».
La poussée
Le premier facteur consiste à mesurer un niveau de
satisfaction avec le fournisseur concerné. Si le client est insatisfait ou
n’estime pas que ses besoins soient satisfaits à un prix raisonnable, il sera
alors susceptible de chercher une meilleure alternative.
Une ou deux mauvaises expériences, mêmes inhabituelles, peuvent créer un
mécontentement extrême chez le client.

Parfois, une série de problèmes bien gérés et bien résolus peuvent éviter
l’envie de  » sauter  » d’un client momentanément insatisfait.

C’est seulement quand il y a un service constamment mauvais, indifférent au
client, un produit à faible performance, un prix en augmentation, une
incapacité à résoudre un problème rapidement que des clients sont  »
poussés  » vers d’autres fournisseurs de rechange.

Quand cela arrive, ces clients perdus sont rarement susceptibles de redevenir
des clients actifs et deviendront probablement les plus forts détracteurs,
usant de termes très négatifs pour décrire leur mauvaise expérience.
Le saut
Le deuxième facteur met en jeu la perception des clients
face à des solutions de rechange.

Qu’ils soient mécontents de leur fournisseur habituel ou pas, les clients
qui perçoivent une meilleure alternative ont une plus forte probabilité au
changement.

Les principales caractéristiques du saut :

  • Le client était réellement à la recherche d’une autre d’alternative
  • Le client a simplement rencontré une meilleure offre sans la chercher (meilleur service à la clientèle, meilleure qualité, des produits répondant mieux aux besoins, meilleur prix).
Ceux qui sautent pour de meilleurs produits ou de meilleurs services risquent de rester plus fidèles à leur nouveau fournisseur.
Un client qui choisit une nouvelle banque pour ses possibilités d’opérations électroniques peut rester de nombreuses années jusqu’à ce que la prochaine révolution technologique bancaire se produise.
Les clients qui changent pour un prix inférieur pourront le faire à la prochaine occasion. Ces chercheurs de réductions pourront toujours trouver une nouvelle offre plus attractive, particulièrement sur les marchés où il y a peu de différence perçue en termes de produits et services.
Les accrochés
Les clients qui n’ont pas envisagé de changer de fournisseur bien qu’ils soient insatisfaits restent parce qu’ils ne pensent pas que les solutions de rechange seraient meilleures.
Un collègue m’a récemment raconté une série d’incidents éprouvants qu’il avait affrontés durant un certain nombre d’années avec une compagnie aérienne. Il a toujours cru que ces mauvaises expériences étaient normales et étaient des « choses que vous devez accepter quand vous volez ».
Il s’accrochait à cette idée parce qu’il ne pensait pas qu’une autre compagnie aérienne puisse être meilleure.
Une question intéressante se pose maintenant. Si ceux qui restent accrochés rencontrent une meilleure offre et change de fournisseur, ils ont sautés ou ils ont été poussés ?
Ces clients ne sont pas complètement satisfaits, mais ils sont suffisamment satisfaits pour attendre une occasion de sauter.

Les clients « accrochés » sont tenus essentiellement par la longueur de leurs bras, assez loin pour empêcher une relation durable, mais pas assez loin pour causer la rupture immédiate.

Il y a un an environ, mon collègue a décidé de voyager avec une autre compagnie aérienne et a décrit cette expérience comme une « révélation ».
Depuis, il n’utilise que cette nouvelle compagnie à chaque occasion, et est devenu un de ses plus fervents avocats.
De plus, c’est devenu le plus fervent détracteur de sa compagnie aérienne originale.
L’étude
Une récente étude, conduite par Marketing News a étudié pourquoi les consommateurs ont changé d’opérateur téléphonique et de banque courante.
L’étude a été réalisée parmi un groupe représentatif de 1 000 adultes américains de la société TeleNation.
L’analyse des réponses a permis de classer les individus parmi les catégories « poussés », « sautés » ou « accrochés ».
24 % des personnes interrogées ont déclaré qu’ils avaient envisagé de changer ou avaient déjà changé d’opérateur téléphonique au cours des six derniers mois.
Parmi ceux-ci,
  • deux tiers avaient « sauté » (c’est-à-dire, attiré par un autre opérateur)
  • un tiers avait « été poussé » (mécontent de leur compagnie habituelle).
Ce nombre de clients reflète bien la facilité de changement de fournisseur dans cette activité et la très faible  » inertie commerciale » sur ce marché de la téléphonie.
On constate sans surprise que la grande majorité des « sauteurs » (88 %) a donné le prix comme raison du changement.
Dans un rapport récent sur le comportement de changement des clients dans l’industrie de télécommunications, on apprend « qu’il existe un noyau de clients qui changent régulièrement de fournisseur uniquement pour
profiter des offres spéciales « 
Le changement de fournisseur à l’initiative du client est moins fréquent que le changement de fournisseur en réponse à une offre concurrentielle.
Sur le marché bancaire, 22 % des répondants ont déclaré avoir changé de banque au cours des six derniers mois.
  • 81 % de ces derniers ont reconnu qu’ils avaient été « poussés », par leur mécontentement vis-à-vis de leur ancienne banque plus que par l’attraction de leur nouvelle banque.
  • Les raisons principales d’insatisfactions exprimées étaient le coût des prestations (mentionnés par 48 % des répondants) et la faible qualité du service à la clientèle (43 %).
Un des contrastes de l’étude téléphonique était que le nombre de clients ayant changé de fournisseur était moins important que ceux au cours des six derniers mois, 10 % seulement étaient « accrochés ».
Il ne faudra pas longtemps avant que ces clients rencontrent une meilleure offre et  » sautent » ou deviennent si insatisfaits qu’ils seront « poussés » à rechercher une alternative.
À elles deux, les compagnies de téléphone et les banques, brassent 50 millions de clients chaque année. Il est essentiel de bien comprendre les raisons du changement de fournisseurs de la part de ses clients.
Combien de perte de chiffre d’affaires clients sont dus à de mauvais produits, de mauvais services ou de mauvais prix ?
Les compagnies devraient se demander, « qu’est ce que nous faisons de bien? aussi bien que « qu’est ce que nous faisons mal ? ».
Il existe beaucoup d’articles comparant les contrastes entre le marketing de « conservation »et le marketing « d’acquisition ».
Peut-être que la prochaine étape sera de couper le marketing de conservation en :
  • Stratégie  » No Push «  réduisant au minimum le nombre de clients perdus poussés par l’entreprise.
  • Stratégies  » No Jump «  réduisant au minimum le nombre de clients perdus qui ont envie de sauter.
Une compréhension détaillée des motivations de départs des clients fournira aux entreprises beaucoup de pistes et d’actions aux programmes de fidélisation de la clientèle.

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Christian Barbaray

Christian Barbaray

Ex PDG fondateur de la société INIT, une expérience des études marketing clients de plus de 30 ans. Un regard critique, parfois ironique mais toujours impliqué dans l'actualité de la satisfaction, fidélité & expérience clients.
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Christian Barbaray
Ex PDG fondateur de la société INIT, une expérience des études marketing clients de plus de 30 ans. Un regard critique, parfois ironique mais toujours impliqué dans l'actualité de la satisfaction, fidélité & expérience clients. Me contacter

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